Un soldat redevient un père


Un guerrier ne doit pas seulement s’occuper de la guerre. Le combat ne sert à rien en soi. Ce qui compte n’est pas l’ennemi qu’on attaque, mais les peuples qu’on défend. Ce qui compte n’est pas la guerre, mais la paix qu’on protège. Ce qui compte n’est pas la haine envers l’adversaire en avant, mais l’amour de nos proches en arrière. Il ne faut pas l’oublier.

Au fil des derniers mois, alors que je combattais en Ukraine, mon fils commençait à progressivement m’oublier. Je le ressentais lors des appels vidéos. J’ai alors vu ce qu’il en serait si je devais mourir au combat. Mon fils ne me connaitrait plus. Je deviendrais alors une histoire qu’on lui raconte. Je serais ce « père » autrefois parti en Ukraine pour ne jamais en revenir. On montrerait des images de moi à mon fils. On lui présenterait des artéfacts d’Afghanistan, du Kurdistan ou d’Ukraine : mon casque couvert d’égratignures, mes bottes crouteuses de boue, mes uniformes troués.

Quand je suis revenu au Québec, mon fils m’a reconnu. Sa mère, ma femme, ne m’avait pas oublié. C’est elle qui chaque jour rappelait à mon fils que son père ne l’avait pas oublié ! Il n’avait pas oublié ce pour quoi il combat : les siens.

Caroline, je t’aime ! Bonne fête des Mères !

*mes livres et projets : www.livreswali.com / www.walisbooks.com

Foi et Combat
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