Guerre en Ukraine…

Parlons records de sniper…

Je viens de faire une entrevue avec un média de la Géorgie (autre pays attaqué par la Russie récemment). On me demandait si je pouvais tirer à 3 km. En résumé, dans certaines conditions idéales, un tireur d’élite bien équipé et bien entrainé peut abattre une cible à environ 2 km ou plus, peut-être 3 km si les conditions sont réellement bonnes. Mais il s’agit alors de chance. C’est comme dire : est-ce que Tiger Wood peut effectuer un trou en un à 500 verges. Il le peut, mais même pour Tiger Wood ce sera un coup de chance. Il faut un champion du monde pour effectuer un tel tour de force. Un record de tir longue portée requiert donc de bonnes conditions, du bon équipement, un ennemi bien positionné, du talent et de la chance.

La vérité est qu’un tireur d’élite a comme mission d’abattre une cible, et non de faire un nouveau record. Le record canadien qui a été effectué au Kurdistan a probablement été possible parce que le tireur n’avait pas le choix de tirer depuis cette distance. À cette époque, les forces spéciales avaient reçu l’ordre de ne pas approcher de la zone de front contre l’État islamique. Mon interprétation est donc que le tireur était obligé de rester en arrière des lignes, ce qui devait être frustrant. Le tireur a malgré tout détecté un ennemi bien positionné et a pu l’engager. Puisque c’était le front, des forces kurdes ou irakiennes ont alors pu confirmer le « kill ». Il est aussi hautement probable que le tireur a effectué plusieurs tirs d’ajustement. À cette distance, une balle de sniper est plus lente que la vitesse du son. L’ennemi n’a donc probablement pas entendu les impacts des balles autour de lui, à mesure que les ajustements étaient effectués par l’équipe de sniper. Pour continuer l’analogie avec le golf, c’est un peu comme si Tiger Wood pouvait essayer plusieurs fois de faire un trou en un, en ajustant chaque fois les coups, selon l’effet du vent et du terrain.

Le tireur d’élite qui a effectué le record a donc probablement compensé les limitations politiques par son talent, et une bonne dose de chance. Mais je suis certain que ce même sniper aurait préféré pouvoir s’approcher de la cible, par exemple à 700 mètres. À cette distance, aucun record n’aurait été accompli, mais l’effet obtenu aurait été le même. Peut-être même que d’autres combattants ennemis auraient été abattus. Je suis certain que c’est ce qu’aurait préféré ce sniper, car c’est ce qui aurait été le plus intelligent.

Notre mission est de gagner la guerre. Les records sont gratifiants, mais ils ne sont pas importants. La paix est tout ce qui compte.

*mon dernier livre de tireur d’élite : www.livreswali.com

Foi et Combat
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